Ces petits matins

21/09/2025

Il fait un peu frais encore. Le soleil déjà haut n'a pas encore chassé la fraîcheur des dernières heures de la nuit et les fleurs commencent à peine à défroisser et déployer leurs pétales, petites touches de couleurs autour de la terrasse qui est encore à venir, qui attendait ta présence pour songer à s'embellir.

Nous venons de nous lever et nous sommes assis dans les fauteuils en rotin que nous avons achetés.

Ils ont été notre premier achat commun, le premier pas de l'embellissement de cette terrasse qui semblait jusque là désespérément en attente de devenir elle-même tout comme j'ai souvent l'impression d'avoir attendu que tu entres dans ma vie pour devenir vraiment moi. Non que je n'étais pas heureux mais ce bonheur que j'ai connu me parait avoir manqué de toi.

Nos mugs de café fument devant nous, posés sur le plateau de verre de la table basse. Nous parlons de choses et d'autres, de touts et de riens. Aucun de ces riens n'est rien à mes yeux quand je les partage avec toi. Parfois je perds le fil des touts quand mes pensées se posent sur tes lèvres et tes yeux. Elles s'échappent alors des chemins de la raison pour divaguer sur tes formes contre lesquelles je me suis blotti quelques instants plus tôt. Elles se perdent dans les lueurs qui dansent dans tes yeux quand ils se posent sur une fleur ou sur moi.

C'est l'été et nous le vivons ensemble, le premier été de notre vie, et la promesse des plus beaux jours de notre vie dont nous savons qu'ils seront encore meilleurs même si cet instant que nous partageons me paraît si parfait qu'il ne saurait jamais être surpassé par un autre. Je t'aime et je sens tout l'amour de tes yeux, une déclaration du plus profond de toi qui s'adresse au plus profond de moi.

C'était hier. Ce matin les fleurs ont changé. 

Le soleil est parti vers d'autres cieux, mais tu ensoleilles toujours mon cœur. Nous nous ébrouons doucement sur le canapé. Ma peau garde le souvenir de ta tiédeur contre moi. Mes lèvres ont encore la saveur des lèvres de la petite fée qui a le parfum de ta nuque. Nos deux mugs fument sur le plateau de verre de la table basse encombré  d'exercices pour les enfants, de cours pour la semaine à venir. Sur un coin, une boîte de compresses, de sparadrap et de désinfectant, Sur l'autre coin, le plateau à tubes et une boîte de tabac. Face à nous des tableaux d'enfants égaient le mur blanc , sur la tablette de la fenêtre, leurs portraits souriants nous racontent le bonheur et la confiance, et les rideaux noués que tu as apportés avec toi me disent que nous sommes chez nous.

Ta joue est posée sur mon épaule, tu es blottie dans mes bras et nous partageons la douceur de ce réveil paisible d'un dimanche d'automne. Nous ne savons pas de quoi le futur sera fait, mais nous savons que peu importe car nous le vivrons ensemble.


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